La culture de la spiruline

Culture

En milieu naturel, la spiruline pousse dans des lacs saumâtres, très alcalins. Pour la cultiver, il faut créer un milieu de culture qui se rapproche au mieux des conditions qu’elle affectionne. Pour ce faire, nous utilisons les produits les plus sains possibles : sel marin d’un petit producteur de Noirmoutier (en mention Nature et progrès), argile verte (label AB), bicarbonate alimentaire, etc…

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Actuellement, la spiruline est cultivée sur 220 m² répartis en 4 bassins, sous 2 serres agricoles. Les cultures doivent être agitées régulièrement. Au lieu d’utiliser des pompes immergées, nous avons préféré l’installation de roues à aubes, de fabrication maison, de moindre coût énergétique fonctionnant avec des moteurs d’essuie-glaces et produisant une agitation plus douce.

Récolte

Les récoltes sont réalisées manuellement, par écrémage de la spiruline en surface (la souche que nous utilisons a l’avantage de se concentrer en surface dés que cesse l’agitation du bassin). Une fois filtrée sur une maille retenant les brins de spiruline et laissant s’écouler l’eau, la pâte de spiruline est ensuite pressée à l’aide d’un pressoir à balancier de fabrication maison.

Extrudage

Ce terme un peu barbare représente la dernière étape avant le séchage. Il s’agit de transformer la pâte de spiruline fraîche en petits vermicelles (de la grosseur de spaghettis) au moyen d’un extrudeur, un poussoir à saucisses modifié pour la spiruline. Ces « spaghettis » sont déposés sur des claies qui rejoignent ensuite rapidement le séchoir.

Séchage

Une fois tamisée et pressée, la spiruline peut se déguster fraîche, c’est un vrai délice ! Mais, à ce stade, sa durée de conservation est très limitée, c’est pourquoi a été mise au point la méthode de transformation via l’extrudage et le séchage. Une fois déshydratée, la spiruline peut être conservée très longtemps, sans que s’altèrent ses qualités nutritives, pour peu qu’elle soit bien conditionnée à l’abri de la lumière et de l’humidité.

Le séchage est une étape majeure de la production ! Il faut absolument que le séchage soit réalisé à basse température (45° semble être une limite raisonnable à ne pas dépasser), pour bénéficier au maximum des bienfaits nutritionnels de la spiruline (c’est avant tout les vitamines et les pigments qui s’altèrent et perdent de leur valeur à la chaleur). C’est pourquoi nous privilégions un mode de séchage solaire, à basse température, le jour de la récolte.

Conditionnement

Une fois les spaghettis séchés, ils sont broyés manuellement pour obtenir des petites brindilles directement consommables. Nous conditionnons notre spiruline dans des sacs étanches à l’abri de la lumière : c’est la meilleure garantie d’une conservation optimale.

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Suivis qualité

Les cultures font l’objet de suivis et d’attentions quotidiens : mesure de paramètres physico-chimiques, gestion de la température, surveillance des densités de culture qui déclenche les récoltes, examen des cultures au microscope, …

Au delà de cette vigilance quotidienne, nous disposons 4 fois par an d’analyses complètes de l’eau d’approvisionnement des cultures (eau du village de Pradelles en Val, qui ne fait l’objet d’aucun traitement au chlore). En bout de chaîne, nous faisons réaliser des analyses bactériologiques régulières par lot, ainsi qu’une analyse des métaux lourds en début de saison. Nous suivons en cela les recommandations de la Fédération des Spiruliniers de France, alors que ces analyses ne sont pas obligatoires d’un point de vue réglementaire.

Tous les résultats de ces analyses sont consultables sur demande.

Notre spiruline au microscope (grossissement 100 x)

Gestion de l’eau

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une culture de spiruline à petit échelle comme la notre est très peu gourmande en eau : d’abord parce que les hauteurs d’eau dans les bassins sont très faibles (10 à 12 cm), ensuite parce que les cultures sont en circuits fermés (on compense uniquement les pertes dues à l’évaporation).

En cas de vidange d’un bassin en cours de saison de culture (de mai à octobre) ou en fin de saison (on conserve un ou deux bassins en hiver pour la saison suivante), aucun rejet n’est effectué en milieu naturel, mais vers le réseau d’eaux usées du village. Par contre, les eaux de rinçage du matériel sont récupérées et sont utilisées au jardin potager.